poursuivre et développer la pratique du développement local acquise progressivement
par le militantisme associatif et syndical.

CHRONOLOGIE APPROXIMATIVE DE LA CRÉATION ET DE L’HISTOIRE DE SAPIE

Préhistoire

Alain Rouzet arrive de Paris pour s’installer en Ariège juste après 1968. Il commence par garder des vaches en estive puis crée son entreprise de travaux forestiers.

Michel Cornuet arrive de Paris dans l’Aude au milieu des années 70, il intègre le GAEC de Bellevue, exploitation agricole communautaire où il développe plus particulièrement le secteur vinicole et ovin.

Bernard Brunet arrive d’Alsace dans l’Aude en février 1980. Il crée une première Scop de travaux forestiers qui va employer jusqu’à 20 personnes pour faire des plantations, du débroussaillage et de l’exploitation forestière. Deux ans plus tard la Scop fait faillite et Bernard recrée avec deux copains une équipe de bûcherons en société de fait.

Bernard et Alain se rencontrent en 81 à une réunion professionnelle de forestiers. C’est le coup de foudre, ils ne se quitteront plus. Alain a lancé l’initiative d’une Bourse Pyrénéenne des Travaux Forestiers, Bernard en devient président en 83. Ensemble ils vont parcourir les Pyrénées, puis la France et la Planète (Nouvelle Calédonie) pour aider les forestiers à s’organiser face au grand capital.

Bernard et Michel se rencontrent dans les actions militantes (syndicat montagne) et les fêtes baba cool de la Haute Vallée de l’Aude.

En 1988 nos trois compères se retrouvent associés sur un projet complètement fou de créer une scierie ultramoderne à Mijanès en Ariège. La scierie fera faillite, mais nos trois lascars se sont tellement amusés ensemble, qu’ils décident de plus jamais se quitter.

Moyen-âge

L’idée de Sapie début 89, c’est de se donner un cadre entrepreneurial pour poursuivre et développer une pratique du développement local acquise sur le tas dans le militantisme associatif et syndical.

Les premières années, Sapie va essentiellement trouver des mission liées à la filière bois :  animation de la Bourse Pyrénéenne des Travaux Forestiers, organisation d’un séminaire du Bureau International du Travail, études sur le développement de la filière bois dans les Pyrénées et comparaison entre scieries espagnoles et françaises, organisation de formation professionnelles de bûcherons, création d’une scierie Kanake en Nouvelle Calédonie, promotion du concept de bourse des travaux forestiers dans tous les grands massifs forestiers français, participation à de nombreux colloques sur le développement local…

En 1992, grosse maladie infantile, le Grand Capital excédé de l’activisme de nos amis, décide de les exclure définitivement du secteur forestier. Fini la Bourse Pyrénéenne et les études financées par la DATAR. Chute du chiffre d’affaires, virés de nos bureaux, plus de perspective de travail.

N’écoutant que leur idéalisme, les trois compères décident que leur seule richesse c’est leur scop et qu’il faut la maintenir coute que coute ! Suivra une longue convalescence, chacun essayant de développer un nouveau secteur d’activité. Michel l’informatique puis Internet. Alain les formations forestières et les entreprises d’insertion. Bernard l’insertion et le développement local.

Renaissance

Sapie renaît de ses cendres :

Michel invente l’Internet Rural, dompte la microinformatique et l’enseigne à des malheureux, crée une entreprise de télétravail, commence à écrire des bases de données et à concevoir des sites Internet, « invente » Florence une jeûûne qui arrive avec une feueuille sous le bras et l’invite inconsidérément à rejoindre cette équipe de fous.

Alain crée deux coopératives d’activité d’un coup (Trait d’Union et Courte Echelle), avec Florence. Le développement continu de ces deux structures pendant deux ans, nous amènera à embaucher successivement Danièle, Marion, Jean-Pierre, Jean-Michel et Mamoud.

Bernard milite pour la coopération et l’économie sociale (présidence de l’URSCOP et de la CRES MP, CESR Midi-Pyrénées, CJDES…), développe le conseil stratégique aux collectivités (communautés de communes avec Mairie-conseils, Insertion avec les conseils généraux), lance l’idée d’un bilan sociétal participatif (développé par Michel), réalise plusieurs études, s’intéresse au rapport entre l’Urbain et le Rural, découvre la prospective, enseigne le développement local au CNFPT, imagine l’évaluation croisée des politiques publiques, accompagne la naissance des Pays,….

La petite Marie fait son apparition avec sa bille de clown et apporte pendant deux ans un maximum d’ambiance et d’énergie à Sapie autour de l’Internet et des formations informatiques.

Le siècle des Lumières

La relève est là, Florence va succéder à Alain (qui partira à la retraite après une remise solennelle de la médaille du travail et des services rendus à la France) pour la gérance de Sapie et se lance dans le DLA. Michel fait de la politique et des sites Internet pour les territoires de l’Aude. Bernard s’intéresse à l’habitat et fait de plus en plus de prospective.

Puis arrivent Frédéric et Stéphane qui transforment Sapie en entreprise d’approvisionnement de poulets bios aux centres de vacances d’EDF. Jean-Michel nous quitte pour créer un festival rural innovant (les Hivernales du Documentaire), Danièle aussi pour reprendre son boulot de conseil aux associations et Marion qui prend le poste de chargée de mission culturelle au PNR de la Narbonnaise.

Passeront par là à cette époque, un informaticien « fou », Richard ainsi que Fabrice qui ira par la suite s’occuper du lait des vaches en Aveyron puis Corinne pour bosser avec Bernard sur l’insertion.

 

L’époque Moderne

20 ans, la sérénité. Pauvres mais fiers les coopérateurs de Sapie mènent de front des missions de conseil ou d’études et des missions d’animation de dispositifs publics. Florence « la Patronne » manage tout ce petit monde en finesse, deux vieux cons atrabilaires (Michel et Bernard), un Directeur Administratif et Financier (Jean-Pierre), une bande de filles (Corinne, Cécile, Claire, Christine), une bande de gars (Emile, Fred, Mathieu et Rémy repartis depuis…).

Habitat coopératif, urbanisme stratégique, développement durable, politiques enfance – jeunesse, développement local, politiques d’insertion, associations d’éducation populaire, économie sociale et solidaire, Internet et informatique, gestion des déchets, agriculture, installation et circuits courts… rien ne nous échappe ou presque. Nos deux devises :  « Même pas peur ! » et « Le client a toujours tort ! »

Le post modernisme : décroissance / déconstruction

Dès 2010, malgré le « même pas peur », la crise nous frappe de plein fouet. Plusieurs salariés doivent aller trouver leur subsistance ailleurs. Sapie n’arrive plus à rentrer suffisamment d’activités pour tous. Peter l’européen têtu arrive malgré tout en toute confiance au sein de l’équipe.

Tout se rigidifie : les appels d’offre systématiques, la sélection des marchés qui se fait uniquement sur des critères des prix,… Bref, l’ambiance devient beaucoup moins rigolote. Chacun doit trimer de plus en plus pour trouver son chiffre d’affaire. La tension monte, des tableaux de suivi d’activité sont mis en place. Plus personne n’y arrive et ne trouve de sens dans son travail. Au sein de l’équipe, c’est la déprime !!!Devant ce constat catastrophique, l’équipe envisage 2 solutions : la 1ère : on continue tout pareil et on meurt plus ou moins lentement ; la 2ème : on invente un nouveau projet d’entreprise et on verra bien si on y arrive.

Toute l’équipe opte pour la deuxième solution car quitte à fermer la boîte, autant le faire en s’amusant !

Bernard invente le concept de fabrique citoyenne. Il s’agit de mettre nos compétences au service de projets citoyens. Tout le monde est emballé même si le modèle économique reste à inventer.

Il s’agit alors de mener de front l’activité de conseil pour payer nos salaires et récupérer notre déficit tout en travaillant sur ce nouveau projet. Tout le monde craque à tour de rôle. Des visions différentes au sein de l’équipe entrainent beaucoup d’incompréhension Un temps d’instabilité et de flottement s’installe.  C’est l’explosion : trop de charge de travail pour certains, perte de confiance entre nous, un entre-deux difficile à gérer et à digérer comme peut l’être tout grand changement.

 

Après la fin du monde de 2012, le troisième millénaire

 

De ce travail de réflexion émerge finalement un projet plus concret de tiers lieu numérique, projet qui permet de fédérer de nouveau l’équipe. On jette les archives des 20 dernières années, on s’active, on repeint les murs de couleurs vives,  on restructure, on fait venir des jeunes en stage, on ouvre nos locaux et on ouvre également notre coopérative à de nouveaux sociétaires, passant du statut de SCOP à celui de SCIC.

La mue complète s’achève courant 2015. Les dés sont lancés, on ne sortira plus de la troisième dimension.

Au sein du Tiers Lieu, on crée coup sur coup, un espace co-working, un Fab Lab numérique, des ateliers, de la formation professionnelle et on recrée 15 ans après une nouvelle coopérative d’activité et d’emploi tout d’abord uniquement dans le secteur du numérique puis généraliste.

Soutenu fortement par une sous-préfète incroyablement dynamique, Sylvie Sifferman, le projet prend son essor, on déménage dans des locaux 3 fois plus grands et on continue de développer de nouvelles actions : un chantier d’insertion adossé au Fab Lab, ……